Langages




Langages de soin, langages de lumière, faire des soins “en langues”... On nomme ces langages que j’utilise - comme tant d’autres - de toutes ces manières. Certains les nomment aussi langages de l’âme. Peu importe comment nous les nommons, l’intérêt est ce qu’ils provoquent, ce qu’ils permettent : leur action en somme.

“Tu les écris et les lis ensuite ?” “On dirait que tu les parles couramment.” “On dirait du japonais bizarre.” “Ça ressemble à des consonances de langues d’indiens d’Amérique ou de lapons.” "On dirait quelque chose de chamanique." Et la remarque que j’ai entendue souvent : “On dirait que je connais ce langage.” “Je suis émue d’entendre ça, comme si je reconnaissais, je ne saurais dire pourquoi.”


L’expérience de soin à travers ces langages et sons étranges que je dis de façon totalement spontanée, me laissant uniquement porter par le besoin que le moment dicte, suite à une intention posée, après avoir nommé un problème, ou qu'une conscientisation clé ait eu lieu, est une expérience qui, si elle peut paraître, pour certains, farfelue et difficile à associer à quoi que ce soit de sérieux ou potentiellement porteur d’effets, est tout sauf superficielle. Et bien qu’intuitive et non réfléchie, elle n’en est pas moins précise, comme un laser, intelligente (l’intelligence n’étant pas que mentale), et sérieuse. En tout cas, elle ne laisse jamais indifférent.


Ces langages agissent en même temps que mes mains qui bougent l’énergie, en même temps que l’intention que j’ai posée comme but du soin, en même temps que tout mon corps plongé dans le processus de soin, en même temps que la décision de la personne qui les reçoit de changer, d’aller mieux, de résoudre quelque chose. Ils émettent des vibrations qui ont un impact sur l’énergie pour la libérer, la dénouer, la diffuser, la concentrer, la faire circuler. Et ils ont un impact sur la matière. Au-delà du fait qu'un changement dans l'énergie se traduit ensuite par un changement dans la matière, il suffit de voir des vidéos montrant que le son d’un instrument ou de la voix peut faire bouger des éléments solides et de s’intéresser à tout ce qui est documenté sur la musicothérapie pour comprendre que cela n’est pas insensé d’œuvrer avec la voix pour créer du mouvement d’énergie. Pour créer, tout simplement. Et utiliser sa voix et les mots que l'on prononce pour impacter l'énergie n'est pas qu'affaire de ces langages... Les mots que vous dites chaque jour ne sont pas sans effet sur votre énergie, celle que vous émettez vers les autres et dans votre environnement. On pourrait bien dire que toute langue est une langue de lumière, de soin ou autre, évidemment pas si on parle à tout va sans réfléchir à ce que l'on dit, mais si on en fait une utilisation avec conscience et intention "laser", portée par l'intelligence du coeur. Pensez au terme malédiction : sa signification n'est autre que le mauvais usage de la parole. Une parole qui blesse, qui détruit. Pas besoin d'aller dans l'ésotérisme, je peux affirmer ici sans gêne que de ce point de vue, tout le monde a créé dans sa vie des malédictions (des mal dictions) à son encontre et à l'encontre des autres, sans s'en rendre compte et sans réaliser leur impact.


Je me dis toujours, face au scepticisme, que je le comprends fort bien et que ce que mon vécu et le bagage porté dans mes cellules me fait sentir juste, avoir certaines convictions et constater des choses de manière très concrète, n’est pas le même pour tout le monde. Il est bien sûr unique pour chacun et teintera les sensations, visions et opinions de chacun de façon tout aussi unique.

Parfois, en revanche, je suis interpellée par l’idée que l’on puisse considérer que j’entretienne une façon d’agir qui ne serait que pure fantaisie n’apportant jamais rien, jamais d’expérience tangible, et plus, jamais de résultats tangibles. Ne trouveriez-vous pas étrange que quelqu’un entretienne dans son travail, dont le revenu ne dépend que de son efficacité à fournir une aide donnant des résultats tangibles, quelque chose qui ne le permet absolument pas ? Mais pour quelle raison ? Se nuire ? Se ruiner ? Soyons censés ! Nous voyons, c’est certain, le monde différemment, tous. Mais nous aspirons tous à réussir ce sur quoi nous engageons notre personne. Il en est donc ainsi de moi, sans exception. Et ainsi, j’accepte de plonger dans une certaine vulnérabilité lorsque je propose ces soins étranges, parce que ça en vaut le coup. Jamais ô grand jamais je ne m’exposerais ainsi pour rien de bon !


Ceci dit, comme tout, on prend ou on laisse, ça nous parle ou pas, on a envie d’écouter ou non. Et au passage, on n’est pas obligé d’avoir une opinion ni que notre opinion soit figée, si on en a une, quelle qu’elle soit. Sinon, comment se laisser pleinement l’opportunité de découvrir de nouvelles choses, de se permettre de changer et changer de regard, de vivre en expérimentant et en ressentant les choses dans tout ce que nous sommes, et non uniquement en fonction de notre tête ? Notre tête, en monarque absolue, nous enferme et nous limite terriblement. Ce n’est que dans son alliance avec le reste du corps qu’elle nous offre ses meilleurs atouts.


J’ai envie de finir cet article avec quelque chose que mon père, premier interloqué d’entendre ce qui sortait de ma bouche, m’écrivit, avec un texte sorti d’un livre qui peut-être, vous laissera songeurs.


“Je ne cache pas que c'est quelque peu déroutant ce langage. Je pense comprendre que c'est une construction phonétique qui veut atteindre un certain rythme et certaines fréquences ?

Hasard, je lis en ce moment "L'été grec" de Jacques Lacarrière, j'ai lu ceci qui m'a fait penser à ton langage.


“Il y a en grec des mots dont les syllabes m'ont toujours fait rêver. Magie des sons d'abord, de résonances, d'échos inhabituels à nos lèvres romanes. (…)

J'ai toujours ressenti à les prononcer un plaisir (…), comme ces syllabes primordiales - OM, KHA, PTAH - que les mythes imaginent dans la bouche des dieux créateurs et qui, à l'origine du monde, donnèrent frissons à l'air, ondes à l'eau, vie à la terre jusque-là immobile et stérile. De ces trois syllabes, je préfère la dernière - PTAH - laquelle, modulée par le dieu égyptien du même nom, fit surgir tertre et lotus de l'océan figé par ce pouvoir conjugué de la bouche et du coeur divins. Car, dit l'un des plus vieux mythes égyptiens sur l'origine du monde, les mots et les organes qui le profèrent (langue, dents et bouche) sont la forme sonore et vibrante du sperme et des mains : eux aussi peuvent engendrer et façonner. Ici, ce n'est plus de sens qu'il s'agit, sens du mot originel prononcé (lequel ne joua jamais le moindre rôle dans les mythes de création) mais du son lui-même, de son énergie vibratoire, de sa profération. Dents et lèvres, semence et mains d'Atoum, dit un vieux texte de Memphis. Formule prémonitoire qui pourrait faire rêver aujourd'hui les plus audacieux des linguistes.”


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